Assegnati i premi annuali di Reporters sans Frontières per il giornalismo indipendente. L’organizzazione parigina, in collaborazione con la fondazione privata Fondation de France, ha premiato come ogni anno un giornalista, un servizio d’informazione, un difensore della libertà di stampa e un cyber-dissidente. Ogni premiato ha ricevuto 2.190 euro. Il vincitore nella categoria giornalisti è U Win Tin, 76 anni, del Myanmar (Birmania). In carcere dal 1989, U Win Tin è il più anziano prigioniero politico in Birmania. Per la categoria media, il premio è andato al giornale russo Novaya Gazeta, la cui redattrice Anna Politkovskaya è stata uccisa lo scorso 7 ottobre. Al bisettimanale è stato riconosciuto il "costante impegno nel giornalismo investigativo e la puntuale denuncia nei confronti della corruzione dell’amministrazione russa". Journalists in Danger (Giornalisti in pericolo), un’associazione di reporter del Congo, ha ricevuto il premio per la sua battaglia in nome della libertà di stampa in Africa. Il premio al cyber-dissidente è andato a Guillermo Farinas Hernandez, direttore dell’agenzia di stampa indipendente Cubanacan Press.
Qui di seguito il comunicato di Rsf con le motivazioni.
Guillermo Fariñas Hernández, Cuba
Il se bat pour que les Cubains accèdent à un "Internet libre".
Guillermo Fariñas, surnommé "El coco", directeur de l'agence de presse indépendante Cubanacán Press, a entamé, en février 2006, une grève de la faim pour demander que tous les Cubains aient accès à un "Internet libre". Les autorités ont dû l'hospitaliser de force et le mettre sous perfusion pour mettre un terme à son action, qui trouvait un écho dans les médias internationaux.
Après avoir été maintenu plusieurs mois dans un service de soins intensifs en raison de problèmes rénaux et de troubles cardiaques, les autorités ont proposé à Guillermo Fariñas de lui accorder un accès "restreint" à Internet. Mais il a refusé, expliquant qu'il ne pouvait exercer dignement son métier de journaliste en ne consultant que des informations filtrées par le gouvernement.
« El coco » n'a mis un terme à sa grève de la faim que le 31 août, après avoir frôlé la mort et perdu 15 kilos. Il continue aujourd'hui son travail au sein de Cubanacán et est devenu l'une voix les plus entendues parmi les journalistes de l'opposition cubaine. Il continue par ailleurs à informer les médias étrangers des atteintes aux droits de l'homme dans son pays et se fait en particulier l'écho des mesures d'intimidation et du harcèlement dont sont victimes les reporters indépendants.
Cubanacán, fondée en 2003, est l'agence de presse la plus importante de la nouvelle génération de journalistes cubains. Aucun des 17 reporters qui y collaborent n'a pourtant le droit d'utiliser Internet ou un fax pour envoyer leurs articles à l'étranger. Les article sont le plus souvent dictés à partir d'un téléphone public. Les tarifs de communication étant très élevés, ces appels sont habituellement passés en PCV.
L'Internet à Cuba, un réseau sous étroite surveillance.
Le gouvernement cubain utilise plusieurs leviers pour s'assurer qu'Internet n'est pas utilisé de manière "contre-révolutionnaire". Tout d'abord, il a peu ou prou interdit les connexions privées au Réseau. Pour surfer ou consulter leurs e-mails, les Cubains doivent donc obligatoirement passer par des points d'accès publics (cybercafés, universités, "clubs informatiques pour la jeunesse", etc), où il est plus facile de surveiller leur activité. Ensuite, la police cubaine a installé, sur tous les ordinateurs des cybercafés et des grands hôtels, des logiciels qui déclenchent un message d'alerte lorsque des mots clés "subversifs" sont repérés. Le gouvernement mise par ailleurs sur l'autocensure. A Cuba, on peut être condamné à vingt ans de prison pour quelques articles "contre-révolutionnaires" publiés sur des sites étrangers et à cinq ans simplement pour s'être connecté au Net de manière illégale. Peu d'internautes osent défier la censure de l'Etat et prendre un tel risque.
Les autres nominés 2006 dans la catégorie « Cyberdissident » étaient :
Habib Saleh, Syrie
Le président Bachar el-Assad a fait de la Syrie l'un des pires trous noirs d'Internet. Il a organisé le filtrage systématique des publications en ligne d'opposition et lancé sa police politique dans une traque sans pitié des dissidents et des journalistes indépendants s'exprimant sur la Toile.
L'écrivain et homme d'affaires Habib Saleh, 59 ans, a fait les frais de cette répression systématique. Le 29 mai 2005, il est interpellé dans son bureau de Tartous, à 130 km au nord de Damas. Accusé d'avoir "propagé des informations mensongères" sur Internet, il est jugé, le 16 août 2006, devant une cour martiale. A l'issue d'un procès arbitraire, il est condamné à trois ans de prison.
Yang Zili, Chine
Yang Zili, informaticien, a été condamné le 28 mai 2003 à huit ans de prison pour "subversion du pouvoir de l'Etat". Son crime ? Avoir publié des articles sur son site lib.126.com, "Le jardin des idées de Yang Zili", dans lesquels il se prononçait en faveur du libéralisme politique, critiquait la répression contre le mouvement spirituel Falungong et dénonçait les difficultés économiques des paysans.
Il n'avait que 30 ans, le 13 mars 2001, lorsque lui et sa femme ont été arrêtés. "C'était comme dans les films sur la révolution culturelle, déclarera plus tard son épouse, Lu Kun. Ils ont saccagé mon appartement et m'ont détenue et interrogée pendant trois jours dans les sous-sols d'un bâtiment de la police. Ce n'est qu'une fois rentrée chez moi, sans mon mari, que je me suis mise à pleurer."